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Toshiba privilégie toujours Bain Capital pour la vente de ses mémoires

Toshiba a-t-il enfin trouvé à qui vendre son activité de production de composants mémoires ? Dans un communiqué du 13 septembre, le groupe high-tech japonais annonce avoir conclu un protocole d’entente (memorandum of understanding, MoU) avec Bain Capital Private Equity. Par cet « accord de développement », l’industriel japonais et le fonds d’investissement s’engagent à négocier un accord de vente de la filiale Toshiba Memory Corporation (TMC) d’ici la fin du mois. Une décision a été prise dans ce sens par le conseil d’administration du groupe électronique. La direction continue donc de privilégier la préférence nationale pour sélectionner le repreneur de TMC. En  effet, Bain Capital regroupe la banque de développement du Japon (Development Bank of Japan) et INCJ (Innovation Network Corporation of Japan). Deux autres prétendants sont donc, a priori, éconduits. D’un côté, un consortium mené par Hon Hai (Foxconn), qui avait avancé 27 milliards de dollars sur la table avec le soutien d’Apple, Dell et Kingston Technology. De l’autre, Western Digital qui partage une filiale commune, FlashAlliance, avec le Japonais numéro 2 des mémoires Flash NAND (derrière Samsung). Fort de cette société commune, l’américain WD avait menacé de faire capoter la vente si TMC ne lui était pas exclusivement réservée. Qu’est-ce qui a poussé Toshiba à s’engager un peu plus auprès de Bain ? « Au cours de ces négociations, Bain a présenté une nouvelle proposition », justifie le groupe industriel. « Le conseil d’administration de Toshiba a décidé de poursuivre les négociations avec le consortium mené par Bain sur la base de cette nouvelle proposition, et l’entreprise travaillera pour accélérer la conclusion d’un contrat d’achat d’actions d’ici fin septembre. » Selon les rumeurs, Bain avait initialement proposé 16,4 milliards de dollars. Toshiba a probablement réussi à faire monter les enchères. Néanmoins, Toshiba précise que le MoU « n’engage à rien » avec Bain. « La signature de ce protocole d’entente n’élimine pas la possibilité de négociations avec d’autres consortiums. » Autrement dit, on n’est pas à l’abri d’une volte-face. Par cette initiative, Toshiba entend probablement concentrer ses discussions auprès d’un seul interlocuteur et éviter d’éparpiller son énergie. La vente d’une entreprise de haute technologie comme TMC n’est pas une mince affaire. « L’activité de production de mémoires est très sensible au temps, commente Dr. Yasuo Naruke, Vice-Président de Toshiba. « Cela demande des investissements opportuns, le développement accéléré de produits, et la capacité de rapidement mettre en place de larges capacités de production. » Les investissements se poursuivent d’ailleurs à travers de nouveaux équipements de salle blanche pour la Fab 6 de Yokkaichi et la volonté d’amener sa capacité de production de mémoire Flash 3D à 90% de sa capacité courant 2018. Autant d’opérations sensibles que Toshiba ne souhaite pas laisser entre n’importe quelles mains. Rappelons que l’industriel cherche à vendre son activité mémoire pour éponger les dettes de Westinghouse, sa filiale nucléaire aux Etats-Unis. Lire également Mitel s’empare des communications unifiées de Toshiba Toshiba privilégie la préférence nationale pour son activité mémoires Broadcom va-t-il réussir à récupérer les mémoires flash de Toshiba ?